Benalla et Macron

Ingérence du chef de l’Etat

M. Benalla se comporte en pitre. Il amuse la galerie et « fait le buzz ». Mais, il faut se rappeler que les charges qui pèsent sur lui sont politiquement extrêmement lourdes. Ce qui met en danger la démocratie en France n’est donc pas le fait qu’il ait été convoqué et qu’on lui ait rappelé qu’il ne pouvait se soustraire à cette convocation. Ce sont les faits qui lui sont reprochés et les comportements qui ont entouré ces faits, comme la constitution d’une cellule de sécurité en dehors de toutes les règles et hors de tout contrôle, qui constituent une réelle menace pour la démocratie. Et c’est là que la responsabilité du Président se trouve, directement ou indirectement, mise en cause.

Le rôle de la ministre de la justice mise en cause

Mais M. Benalla n’est pas le seul à faire le pitre, et cela pose aussi un problème de démocratie. Madame Belloubet a pris fait et cause pour Alexandre Benalla. Elle a déclarée le 11 septembre : “Il ne doit pas y avoir d’interférence entre une commission d’enquête parlementaire et une information judiciaire (…) au nom de la séparation des pouvoirs[5]. Cette déclaration est grave pour la démocratie en France, comme le montre Paul Cassia, dans un interview donné à l’hebdomadaire Marianne.[6]

Nicole Belloubet explique ainsi que le Parlement, s’il contrôle le gouvernement en particulier, ne devrait pas contrôler l’exécutif en général et donc l’Elysée. Le constitutionnaliste Paul Cassia[7] remarque néanmoins qu’il s’agit d’une lecture partielle de l’article 24 de l’ordonnance de 1958 à laquelle la ministre fait référence[8]. On peut le constater en lisant la troisième phrase : “Le Parlement évalue les politiques publiques“. Or, l’Elysée est un service public comme un autre, et non une zone de non-droit, ou une bulle constitutionnelle.

Le problème, évident pour tous, est que Madame Belloubet est ministre de la justice. Si elle souhaite se constituer conseiller juridique de M. Benalla, qu’elle le fasse, mais qu’elle démissionne d’abord de sa fonction ministérielle. Cela devrait être une évidence. Le rôle de la Ministre n’est pas de prendre parti en cette affaire. S’il y avait nécessité de rappeler la loi, non seulement les textes mais aussi la pratique, un communiqué de la chancellerie aurait amplement suffi.

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