Si nous l’avions écouté…

Certes le Général commit des erreurs notamment en politique extérieure (Afrique…) mais sa vision du monde et de l’Europe était juste.

« De Gaulle envisageait un partage de souveraineté dans certains domaines, tels que la défense extérieure, l’harmonisation de la production industrielle, les affaires étrangères, la monnaie, l’exploitation des ressources dans les territoires d’outre-mer et le développement scientifique et culturel, mais dans le même temps il développait la force de frappe qu’il percevait comme une capacité de défense européenne indépendante des États-Unis. L’indépendance vis-à-vis des États-Unis était l’un des principaux objectifs de de Gaulle. Il était contre une intégration poussée de l’Europe dès lors qu’elle se faisait sous le chapiteau de l’intégration transatlantique. »

De Gaulle comprend que la grosse Allemagne pointe le bout de son nez. Il cite d’ailleurs dans ses mémoires de guerre la lettre d’Himmler qui lui propose déjà le couple franco-allemand. L’assassin de masse SS n’était pas si fou !

Nicolas Bonnal cite Himmler et sa lettre au Général :

« En vérité, le seul chemin qui puisse  mener votre peuple à la grandeur et à l’indépendance, c’est  celui de l’entente avec l’Allemagne vaincue. Proclamez-le  tout de suite ! Entrez en rapport, sans délai, avec les hommes  qui, dans le Reich, disposent encore d’un pouvoir de fait et  veulent conduire leur pays dans une direction nouvelle… Ils y sont prêts. Ils vous le demandent… Si vous dominez  l’esprit de la vengeance, si vous saisissez l’occasion que l’Histoire vous offre aujourd’hui, vous serez le plus grand homme  de tous les temps. » En réalité comme l’a montré Annie Lacroix-Riz, la plupart des chefs nazis qui avaient trahi le Reich étaient déjà à la solde des Américains. On les recycla gentiment après la guerre pour l’énième croisade russophobe.De Gaulle donc refuse la montée de la technocratie euro-teutonne et la création d’un Etat supranational, entité néototalitaire sans fondement organique :

« De Gaulle reconnaissait les services de Hallstein à l’idée européenne, mais l’attribuait davantage au patriotisme allemand servant les intérêts de l’Allemagne afin qu’elle retrouve le respect et un statut en Europe. De Gaulle n’appréciait pas le statut que Hallstein, pour lui un simple technocrate, se voyait accordé par des États étrangers. »

C’est que la commission européenne se considère déjà comme un Etat supranational, et le vieux Hallstein se voit comme le néo-gauleiter de l’Europe américanisée.

Source

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*
Site web